Les secouristes d'Elizabeth, 23 jours, sont de retour sur Rennes

Publié le par Collectif 35 des amis d'Haïti

Rennes

« Une odeur de mort... Et un petit miracle »

jeudi 28 janvier 2010

Myriam et Yoann sont revenus de leur mission en Haïti.

Jeunes secouristes de la région rennaise, Myriam et Yoann sont revenus d'Haïti mardi. Douze jours de mission en enfer mais des images d'espoir.


Témoignage

Sous le hâle des visages, les traits sont légèrement tirés. Myriam et Yoann reviennent de l'enfer, des souvenirs de morts et d'espoir plein la tête.

« Une impression de ville bombardée, et partout, une odeur de cadavres... » Les premières images d'Haïti sont les plus violentes pour Myriam de Meyer et Yoann Laumailler, secouristes bénévoles à l'association Corps mondial de secours-search and rescue (CMS SAR). Leur spécialité ? La recherche de victimes, le sauvetage et le déblaiement.

C'est la deuxième mission pour Yoann, déjà parti l'année dernière en Birmanie après le cyclone Nargis. Pour Myriam, c'est le baptême du feu. Lui est policier ; elle, agent hospitalier au CHU Pontchaillou. Tous deux pompiers volontaires à Gévezé et Pacé. « Dès que j'ai su ce qui s'était passé, j'ai appelé l'association. J'étais volontaire », explique Myriam. Ils sont partis avec le Dr Véronique Lallier, qui a repris les consultations à peine revenue.

Départ le 16 janvier, quatre jours après le séisme. La bureaucratie, les affectations de zones. Finalement, c'est le débarquement à Jacmel, 80 km au Sud de Port-au-Prince. « Nous sommes arrivés de nuit avec 2,7 tonnes de matériel et de médicaments », se souvient Yoann. Commence alors l'attente. « Nous étions une équipe de 17 secouristes dont Dusty notre chien sauveteur. Tout le monde était prêt dès 7 h le matin. Nous n'avons eu notre affectation qu'à 10 h 30. C'était frustrant. »

Sous le béton, un bébé de 23 jours


Enfin, on leur désigne deux immeubles dans Jacmel. La ville est détruite à 40 %. C'est Dusty qui entame les recherches : sous les ruines d'un immeuble de trois étages, il ne tarde pas à détecter une présence.Sous un bloc de béton, le pied d'un bébé apparaît. « Nous l'avons touché et on a entendu des pleurs... » Élizabeth, 23 jours, est extraite des décombres. « C'est notre petit miracle ! se souvient, émue, Myriam. Elle a retrouvé sa maman à l'hôpital, elle va bien. »

Un « petit miracle » mais pour combien de morts ? « C'est très dur, confie Yoann, il fait chaud, l'odeur se fait de plus en plus forte, elle imprègne les vêtements. » Sans parler des secousses, régulières, très violentes.Heureusement, l'équipe est solidaire. « Il faut connaître ses limites, s'éloigner quand ça va mal. » Et puis les Haïtiens les entourent, plein d'espoir, de foi. « Ils continuent à vivre, la tête haute. »

Prêts à repartir ? « Oui mais l'état de nos finances ne le permet pas : cette mission nous a coûté 35 000 €. »

C'est donc un appel aux dons que lancent Yoann et Myriam. Ils manquent aussi de bénévoles : médecins, secouristes, infirmiers. Avis aux volontaires.

Le camp mondial de secours, search and rescue: 30 rue Kériatry, 35200 Rennes.

Site internet: www.worldassistance.org


Marie CAROF-GADEL.

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Publié dans Dons

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