Le 4 juin dernier, plus de 10 000 paysans haïtiens ont manifesté dans les rues de Hinche, en Haïti. Ils protestaient contre le « don » par Monsanto de 475 tonnes de semences hybrides, qu’ils accusent de mettre en danger la souveraineté alimentaire et la biodiversité du pays.
Cette manifestation organisée par le Mouvement paysan Papaye, partenaire de Frères des Hommes, a réuni les paysans et représentants d’organisations paysannes de tout le pays, ainsi que des Etats-Unis et d’Amérique latine. Ci-jointe, la Déclaration des mouvements paysans haïtiens contre la politique nationale actuelle qui, sous couvert d’aide d’urgence, abandonne ses populations aux intérêts extérieurs et fragilise les dynamiques de développement et de solidarités locales.
Suite à la déclaration des mouvements paysans haïtiens, Frères des Hommes prend position pour que les Haïtiens eux-mêmes reconstruisent Haïti
Nous Frères des Hommes réaffirmons que seules les populations haïtiennes sont légitimes pour décider de la reconstruction de leur pays et des solutions à mettre en oeuvre pour sortir durablement de la pauvreté. Nous continuons à apporter notre soutien au Mouvement paysan Papaye pour que les populations rurales puissent mettre en oeuvre localement les solutions qui permettent de reconstruire Haïti dans l’intérêt premier des Haïtiens. Avec le Mouvement paysan Papaye, nous réaffirmons que :
La terre doit en priorité être consacrée à nourrir la population.
- Elle ne doit pas être une source de profit supplémentaire pour les entreprises d’agrobusiness internationales, alors que la production nationale n’est pas suffisante pour nourrir la population (seul 40 % des biens alimentaires sont produits en Haïti).
- Elle ne doit pas être le lieu de production des agrocarburants pour faire rouler les véhicules des pays riches.
Les décisions de politique agricole doivent être prises par les populations elles-mêmes.
- Les paysans ne doivent pas se voir imposer l’utilisation des semences hybrides ou d’OGM qui les contraignent à acheter graines et brevets l’année suivante.
- L’aide dite « humanitaire » par le don de semences ne doit pas détruire l’économie rurale et les variétés locales.
L’aide internationale doit renforcer les solidarités locales.
- L’aide humanitaire ne doit pas conduire à terme à l’endettement des familles paysannes, contraintes d’acquérir les intrants et techniques nécessaires à la culture des semences hybrides OGM
- L’aide humanitaire ne doit pas conduire tout un pays à la dépendance vis-à-vis des entreprises qui fondent leur richesse sur la brevetisation du vivant.
Déclaration finale des mouvements paysans Haïtiens
Hinche, 4 juin 2010
Communiqué de Presse Frères des Hommes
Frères des Hommes solidaire des paysans haïtiens en colère contre leur gouvernement et contre Monsanto

C'est pas des méthodes de dealer cette distribution de semences?