Stéphane Mahouin, Pompier sans frontières, est de retour

Publié le par Collectif 35 des amis d'Haïti

Mission accomplie en Haïti pour le pompier rennais

Dans le centre-ville, les dégâts sont impressionnants : « Il n'y a plus de bâtiment debout. » : Pompiers sans frontièresDans le centre-ville, les dégâts sont impressionnants : « Il n'y a plus de bâtiment debout. » : Pompiers sans frontières

Stéphane Mahouin, Pompier sans frontières, est parti le lendemain du séisme. Dans un pays ravagé, il a apporté de l'aide médicale, sanitaire et psychologique.

Témoignage

Dès le lendemain du séisme, je décide de partir bénévolement avec une équipe de l'organisation Pompiers sans frontières. Je suis pompier professionnel à Rennes et ma hiérarchie accepte ma demande de congés.

Nous décollons le 14 janvier, mais le voyage est difficile : il nous faut trois jours pour arriver sur les lieux de la catastrophe. Impossible de se poser sur l'aéroport de Port-au-Prince, trop endommagé. Nous passons par la Guadeloupe, puis par la République dominicaine, où on loue un bus et un camion.


« La population vit dans la rue »


Nous arrivons enfin à Port-au-Prince le 17 janvier. Dans le centre, le spectacle est impressionnant : plus aucun bâtiment n'est debout. Il y a des corps sans vie. La population vit dans la rue, même la nuit. Les gens se servent de plaques de béton pour bloquer le passage et s'allongent à même le sol.

Je m'étais préparé à ce spectacle. Je reste concentré pour accomplir ma mission : installer une base sanitaire et médicale. Problème : les zones dégagées sont rares et elles sont déjà occupées par d'autres organisations humanitaires.

 

« Une énorme secousse »


Pendant nos recherches, vers 6 h du matin, nous ressentons une énorme secousse. En cinq secondes, nous sommes littéralement balayés de nos chaises. Juste après, un grand silence. Les gens se regardent. Puis la vie reprend. Les jours suivants, nous ressentons 3 à 4 petites secousses par jour. Mais les Haïtiens restent dignes. Je n'ai pas vu de scène de panique.

Le 21, nous décidons de nous installer au plus près de l'épicentre, près de la ville de Léogâne, au bord d'une rivière. Nous installons une motopompe qui produit 4 000 litres d'eau potable par heure. Nous montons aussi une structure médicalisée avec une vingtaine de lits. Nous pouvons ainsi soigner 150 personnes par jour. De l'autre côté de la rivière, un camp de sinistrés se met en place pour bénéficier de nos soins.


« Elle l'a appelé Olivier »


Le rythme est intense. Nous commençons à six heures et travaillons jusqu'à la nuit tombée. Des blessés arrivent tous les jours. Mais il y a aussi de belles histoires, comme cette femme que nous avons aidée à accoucher d'un petit garçon. Elle l'a appelé Olivier, en hommage à mon chef d'équipe Olivier Biou.

Le 29 janvier, je dois repartir. Une nouvelle équipe de Pompiers sans frontières a pris le relais. La base que j'ai construite doit fonctionner jusqu'à la fin mars. Mission accomplie, donc. Mais je reste inquiet : dans trois mois, la saison des pluies commence, et la situation sanitaire est telle que la venue d'un cyclone ou de fortes pluies pourrait être une nouvelle catastrophe pour les Haïtiens.


Recueilli parTangi LOISEL.
Ouest-France
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Publié dans Médias

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