Vendredi 12 février - Concert gospel, soul, salle de la Cité, Rennes (35)

Publié le par Collectif 35 des amis d'Haïti

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SOLID' HAÏTI

 

CONCERT Gospel & Soul

 

MARK DUKES and THE VOCA'LIVE

et

LES SAM'S SOUL

 

vendredi 12 février 2010

20h30

 

Association des commerçants et Amis de la rue de St Malo

Collectif des Amis d'Haïti 35

Fondation de France

 

         Un mois après le séisme qui a ravagé Haïti, un mois après le flot des  premières images d'une terre et d'un peuple dévastés par cette catastrophe naturelle que l'on persiste à qualifier étrangement  de "malédiction", ne laissons pas s'abattre l'ultime fléau : l'oubli. On sait comment une nouvelle en chasse une autre, comment au détour de l'actualité, passée la vague d'émotion et de sensationnel, les projecteurs se détournent pour aller se braquer ailleurs.... Haïti en a déjà plus que fait les frais :

 

- 2004, date bicentenaire de l'avènement de la République indépendante de Toussaint Louverture, une tempête surnommée " Jeanne la tueuse " fait 3000 morts. La presse internationale témoigne de sa compassion, puis coup de théatre... Le Tsunami vole ce triste rôle de "vedette internationale" , laissant les Haïtiens pleurer et crier dans la solitude, sans témoins.

 

- 2008, quatre tempêtes attirent à nouveau le regard des journalistes, mais la crise économique déboule, produit son propre tsunami... laissant la sensation aux Haïtiens que dans cet univers en banqueroute, il est devenu presqu' indécent de crier au- secours.

 

Non, Haïti n'est pas une terre maudite qui aurait signé un pacte avec on ne sait quel nouveau genre de tonton macoute, serial killer d'un macabre scénario pour un film météorologique-catastrophe. Même si l'île est géographiquement exposée au risque sismique ( comme au Japon, en Turquie, en Italie etc ), ce tremblement de terre d'une magnitude de 7,3 ne rentre pas du tout dans les habitudes du sol haïtien. Est-il besoin de rappeler ces effroyables chiffres ? Selon les dernières estimations : 1 million de personnes sans-abris, 170 000 morts, sans compter les dizaines de milliers encore enfouis sous les décombres. Si ce séisme a provoqué un tressaillement mondial, un formidable élan de manifestations de solidarité à l'échelle planétaire, il doit en provoquer un autre : celui de nos pensées, de nos consciences. Il doit balayer nos clichés, nos uniques centres d'intérêt. Car Haïti est devenue plus qu'un lieu, elle doit demeurer une préoccupation. Le chantier s'avère gigantesque et très long. Le peuple haïtien ne peut se contenter de survivre, de panser tant bien que mal ses plaies, de compter ses morts sans même avoir le temps de leur offrir la traditionnelle veillée funèbre. La vie doit reprendre pleinement ses droits sans replacer le pays derrière ces barreaux familiers et l'oubli coutumier.

 

De nombreuses voix d'écrivains haïtiens témoins du séisme ( Dany Laferrière, Lionel Trouillot et beaucoup d'autres ) s'élèvent pour que l'on ne cède pas à l'indifférence, pour que nous ne demeurons pas de simples spectateurs d'un territoire lointain, tristement exotique. Elles nous rappellent comment les Haïtiens, d'abord, ont su faire preuve de solidarité entre eux dès les premières heures. Elles nous conjurent  de cesser de parler de "pillage", quand il s'agit de survie tout simplement. Il est primordial d'écouter ces voix et de leur donner écho, car les conséquences d'un discours stéréotypé risquent d'être, à terme, désastreuses et d'entraîner une démobilisation auprès de l'opinion publique. Il est nécessaire de rappeler comment Haïti, si liée historiquement à la France, a payé lourdement le prix de son indépendance : 150 millions de franc-or, soit 23 milliards d'euros en valeurs actualisées. "Dette" que le peuple haïtien devait rembourser à l'Etat français à partir de 1825, et ce officiellement jusqu'en 1972, date à laquelle elle fut finalement apurée, en échange de la reconnaissance diplomatique par la France.

 

Comment ne pas donner écho ici en Bretagne, à Rennes , terre d'ancrage des Etonnants voyageurs, à toutes ces voix haïtiennes ? Comment ne pas souhaiter qu'après l'urgence, la phase de reconstruction se mette en oeuvre, dignement, dans le respect de l'Histoire, de la souveraineté et de la culture d'Haïti ?

 

MARTIAL ESPERIENCE, ami de l'écrivain Lionel Trouillot,  est lui aussi haïtien. Restaurateur à Rennes ( Le King Créole,  5 rue de St Malo ), il a été profondément affecté par cette catastrophe qui a ravagé sa terre natale. Vice-président des Commerçants et Amis de la rue de Saint- Malo, il a tenu à organiser avec son association un premier moment fort pour impulser une réelle et longue mobilisation  avec la population rennaise et les partenaires locaux.

Avec la collaboration de la Ville de Rennes, de l'artiste Mark Dukes et des choristes " the Voca'live" ainsi que des 5 musiciens des Sam's Soul, un CONCERT  sera donné le vendredi 12 février à 20h30 à la salle de la Cité. La recette de la soirée sera intégralement reversée à LA FONDATION DE FRANCE.

 

Autour d'un répertoire gospel, soul & blues, Rennaises et Rennais sont conviés à venir donner un écho solidaire à toutes les voix haïtiennes,  à faire ensemble le rêve de Martin Luther King dont on fêtait l'anniversaire 3 jours après le séisme...

Faisons donc le rêve que la fraternité soit plus que quelques mots à la fin d'une prière, d'une chanson.

 

 

A cette occasion, une conférence de presse sera donnée en présence du président de l'Association le :

 

lundi 8 février 2010 à 10h30

Restaurant le King Créole

5, rue de Saint -Malo

Rennes


Publié dans Evènements

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